UN CAP FRANCHI DANS LA CRISE SCOLAIRE

Intifada à Ziguinchor, après la répression de la marche des enseignants

Une intifada digne d’un scénario d’affrontement entre Palestiniens et soldats israéliens dans les territoires occupés. Voilà le type de scènes auxquelles on a assisté, hier, à Ziguinchor, dans le périmètre du Lycée Djignabo, où la marche des enseignants a été réprimée par la police.

Face à des enseignants qui voulaient absolument tenir leur marche vers la préfecture de Ziguinchor, la police qui avait déployé un dispositif de répression sans précédent, a usé d’une pluie de grenades lacrymogènes pour les bloquer. Les enseignants ont alors riposté par jets de pierres et de divers projectiles.

Au finale, on a dénombré 5 blessés, dont 2 graves du côté des manifestants et un blessé chez les policiers. Aussi, 10 enseignants et un élève ont été arrêtés, avant d’être libérés quelles heures après.

Et en dépit de ce déchaînement de violence, les enseignants, regroupés au sein du G6, qui voulaient marcher à Ziguinchor, après en avoir fait de même sans le moindre incident à Thiès, Saint-Louis et Kaolack, ont, malgré l’interdiction du préfet, marché. Cela, parce qu’ils estimnt que le motif avancé par le préfet pour interdire la marche est inopérant.

En effet, le 6 avril dernier, le préfet de Ziguinchor, Ibra Fall, avait autorisé la marche nationale du G6, à la suite de la demande formulée par les enseignants. Mais le 11 avril, vers 19h, les déclarants ont été convoqués au commissariat de Ziguinchor où il leur a été notifié l’interdiction de la marche.

Et, hier, lorsque les enseignants qui s’étaient rassemblés au Lycée Djignabo ont voulu sortir pour rallier la préfecture, le commissaire Diallo a engagé la négociation avec les six Secrétaires généraux du G6 pour les dissuader. Mais en vain. Les choses ont dégénéré par la suite.

Le préfet Ibra Fall a, à son tour, tenté de raisonner les syndicalistes qui lui ont rétorqué, par la voix d’Abdou Faty, que «c’est une décision de la base. Or, la base est sacrée chez nous». Peu de temps après, le préfet accepte que la marche ait finalement lieu.

Les enseignants ont alors pris leur itinéraire. Pendant ce temps, le préfet reste au téléphone. La marche est encadrée. Mais au bout d’un peu plus d’un kilomètre de marche, à hauteur du rond-point Jean-Paul 2, la violence reprend. L’intifada s’installe pendant plus de deux heures d’horloge. Les jets de lacrymogènes touchent la cathédrale de Ziguinchor. Ce qui a provoqué la colère de l’archevêque de Ziguinchor.

En fin d’après-midi, les responsables du G6 se sont réunis pour faire le point, avant d’aller rencontrer l’archevêque.

Suzanne SY

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