TAMBA : PROJET PISCICOLE DE GOULOUMBOU

La première récolte rassure les pêcheurs qui se mettent à l’abri de l’hippopotame

TAMBA – L’union des pêcheurs de Gouloumbou y avait cru. La pisciculture est devenue réelle dans la localité. Un palliatif donc au fleuve Gambie où plus de vingt des leurs furent tués par les hippopotames. La toute première production de poissons vient d’être effectuée au niveau du bassin test qui avait été, six mois auparavant, empoisonné avec 2500 alevins. Un projet piscicole qui devrait à coup sûr résoudre la lancinante question de l’affrontement pêcheurs-hippopotames, dans les eaux du fleuve.

En effet, avec ce qu’il est convenu d’appeler «le phénomène des hippopotames de Gouloumbou», il était question pour le gouvernement d’accompagner les populations de Gouloumbou, pêcheurs et groupements de femmes, dans l’amélioration de leurs conditions de vie. Et le projet piscicole de Gouloumbou, initié avec le ministère de l’Environnement et l’Agence nationale de l’aquaculture, vient de fournir ses toute premiers résultats au grand bénéfice des populations locales.

Et c’est avec des chants et des pas de danse que l’Union des pêcheurs de Gouloumbou a réceptionné sa première récolte de poissons. Des tilapias de 250 grammes qui étaient, il y a six mois, des alevins de 10 grammes. Ce projet, agité depuis 2014, va permettre à la Fédération des pêcheurs de Gouloumbou d’avoir du poisson sans pour autant aller exposer des vies en allant dans le fleuve.

Le premier bassin test empoisonné avec 2500 alevins aura permis de produire près d’une tonne de tilapias. Soit une valeur commerciale de plus d’un million de francs CFA. Aussi, Samba Fall, président de l’Union des pêcheurs de Gouloumbou, GIE bénéficiaire du projet, n’a pas manqué de magnifier la collaboration entre le ministère de l’Environnement et du Développement durable, et la Direction de l’Agence nationale de l’aquaculture, dans la mise sur pied de ce projet projet piscicole.

En effet, ce projet leur assure à la fois des revenus et la sécurité. «Avec ce bassin piscicole, nous n’aurons plus besoin de nous exposer dans les eaux du fleuve», dit-il en ajoutant qu’ils n’auront, non plus, besoin de faire la navette entre le Sénégal et la Guinée-Bissau pour le poisson. Ainsi, il demande à l’Etat de développer cette initiative dans toute la région de Tamba, pour répondre à la demande des populations en poissons d’eau douce.   

Le sous-préfet de l’arrondissement de Missirah a demandé au tandem ministère de l’Environnement-ANA d’accélérer la cadence. Baba Dramé, coordonnateur du programme Emploi-Vert au ministère de l’Environnement et du Développement durable, annonce, lui, la seconde étape qui consiste à faire en sorte que les six bassins soient mis en service le plus rapidement possible et que les populations puissent être équipées en moyens de transport pour écouler leurs productions.

L’activité est, en effet, extrêmement rentable pour les pêcheurs. En une année (à raison de deux récoltes par an), ils devraient pouvoir amortir le financement des bassins qui aurait coûté dix millions de francs CFA. Du reste, l’innovation de taille sera la création tout prochainement d’un Centre de production de semence d’alevins sur place à Gouloumbou, au profit de toute la région. Déjà, des mares ont été identifiées dans le terroir pouvant faire l’objet d’aménagement pour développer la pisciculture dans la région.

Adama KONE

(Correspondant)

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