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LEOD PAUL BATOLO, PRESIDENT COCAN FRANCEVILLE: «On n’a pas à rougir, même si le stade était plein à moitié»

FRANCEVILLE, Gabon – Homme d’affaire et manager, le président du Comité d’organisation de la CAN (COCAN) de Franceville, Léod Paul Batolo, a été l’invité du «Club de la presse», organisé hier, à la maison de la presse sénégalaise, à l’hôtel Apili. Cette initiative de l’ANPS a été saisie par les envoyés spéciaux pour échanger sur l’organisation de la compétition dans cette région.

Comment se passe la CAN à Franceville ?

Avant toute chose, je voudrais remercier l’ANPS de nous avoir invités à cette table ronde. Le proverbe africain dit : «Celui qui va seul va moins vite, celui qui est accompagné, va plus loin. L’ANPS matérialise cela. Vous imaginez tout le travail qu’il faut abattre. L’origine de ce projet, c’est un cadeau que le président Bongo a voulu offrir à toute la jeunesse africaine. Ce projet n’est pas forcément facile dans les conditions économiques actuelles de notre pays. Depuis un certain nombre d’années, le coût des matières premières ne cesse de chuter. Malgré cela, on a organisé cela en se basant sur le haut-commissariat. Le COCAN est divisé en 4 structures (Oyem, Libreville, Franceville, Port Gentil). Ici, je suis chargé de la coordination. Le fait d’accueillir toutes ces équipes est un travail de longue haleine. Il y a dix commissions qui ont en charge de régler des problèmes inhérents aux besoins. A côté, il y a des agences nationales qui sont mises à contribution. Sur le site de Franceville, la journée du dimanche (le jour du match) représente 1000 personnes qui sont chargées de l’organisation. C’est une entreprise qui est cadrée autour du stade.

Par rapport à l’hébergement et au transport quelle est la situation ?

Pour l’hébergement, dans chaque ville, il est question de voir si la capacité d’accueil est suffisante. Le Sénégal est basé à Bongoville. L’hôtel construit pour la CAN 2012 a été réaménagé, depuis un an. Ce, en se basant sur le cahier de charge de la CAF. Un très grand nombre de travaux très importants ont été réalisés pour accueillir la compétition à temps. Il y a aussi le projet du transport. Cela revient à réétudier la carte aérienne, les routes et chemins de fer. En termes d’équipements, tout un travail a été fait. Le nombre de 1000 personnes fluctue en fonction des taches. Rien que pour la commission santé, il y a deux médecins, des ambulances, médicaments et hôpitaux à Muanda, Franceville.

Quid de la sécurité, de l’hébergement et de la communication ?

Sur la commission sécurité, j’en parlerai moins, car cela ne s’expose pas sur la place publique. Toutes les forces sont engagées dans un projet et nous accompagnent dans la livraison du produit qu’est la CAN. Concernant la communication, toutes les installations ont été livrées à temps. C’est là où le moindre couac est relayé. On n’a pas fini de régler les problèmes du wifi, puisque la bande passante n’est jamais suffisante. On va étudier la prolongation des heures de fermeture au centre de médias. De minuit à une heure du matin par exemple. Et même s’il n’y a pas match. Les hôtels sont d’un bon standing. A côté de ça, il y a la commission compétition, très ingrate puisque la charge de travail est impressionnante. Les spectateurs regardent un match qui dure 90 minutes, mais n’ont aucune idée de tout ce qui est derrière pour que tout cela marche comme sur des roulettes. Il y a beaucoup plus de personnes qui travaillent sur ces matchs que le 22 joueurs qui sont sur la pelouse. Il y a un programme volontaire, un mécanisme qui permet d’identifier une population volontaire qui travaille sur l’événement. C’est deux fois 400 stadiers, essentiellement orientés dans la sécurité. L’astuce est d’entraîner toute la population dans cette aventure.

Des efforts ont-ils été faits par rapport aux demandes de visa ?

Ce sont des problèmes de diplomatie et de sécurité. Bien sûr que des efforts ont été faits. Je n’ai pas les détails sur les 200 demandes de visa du Cameroun non acceptées dont on a tant parlé. Concernant la CAN, il y a une procédure simplifiée. Nous avons eu des visas aux frontières pour permettre de faciliter l’accès de la population congolaise. Je ne pense pas qu’il y ait un refus volontariste. La police de l’air et des frontières fait partie des commissions. Il faut toujours avoir à l’esprit que plusieurs paramètres sont pris en compte. Il y a l’aspect sécurité à gérer. J’ai confiance aux compatriotes en charge du dossier. J’ai reçu ici (Franceville) des visas particuliers pour faire entrer des gens aux frontières.

A combien s’élève le budget du COCAN à Franceville ?

J’ai peur de vous donner de mauvais chiffres. Les dépenses ne sont pas finalisées, ils sont en cours. Ils seront publiés dans la presse locale. Beaucoup de choses ont été engagées depuis longtemps et il n’y a pas encore de synergie. Ce sont des dépenses importantes à la hauteur de l’événement, mais aussi de l’engagement du pays.

L’affluence n’est pas au rendez-vous au stade et dans les rues de Franceville l’ambiance est terne. Où se situe le problème ?

Les équipes ont travaillé énormément pour offrir leur prestation. C’est pourquoi, dimanche, nous avions entre 10 500 supporters au stade. On n’a pas à en rougir, même si le stade était plein à moitié. Plusieurs éléments entrent en compte. L’équipe nationale n’est pas là. Deuxièmement, nous sommes dans un bassin qui n’est pas peuplé. De plus, les gens travaillent le lundi. Or, les matchs se terminent tardivement. Troisièmement, les gens ont peut-être eu peur des conditions climatiques. Il y a cet ensemble qui a prédominé. Maintenant, 50% de taux de remplissage, c’est déjà bien. Nous allons travailler à augmenter ce chiffre.

Quel a été votre position sur les éventuelles rumeurs de report de la CAN Gabon 2017 ?

La réponse que je vais vous donner n’engage que moi. Il faut à un moment donné qu’on fasse la différence entre un projet qui engage une nation et des débats de personne. Quand le Gabon reçoit la CAN, la nation est engagée. Il faut faire une distinction entre le Gabon et une partie des gabonais. On gère cela en étant serein. On doit faire attention aux réseaux sociaux et à la façon dont les informations sont véhiculées. J’ai vu un stade de Libreville plein. Si l’on se fiait aux rumeurs, je ne pense pas que cela serait possible. On n’oublie pas l’objectif. On accepte la critique, que les gens remettent en cause ce que vous faites, puisque cela fait partie du jeu, mais on ne doit pas nous écarter l’objectif.

Quelles sont les retombées attendues de la CAN ?

Je ne peux répondre sur les retombées pour le moment. Il y en a d’autres qui ne sont pas toujours financières. Il y a des retombées qui entrainent une cohésion nationale. L’investissement du pays pour mettre en place des infrastructures, ces stades à Oyem, Port Gentil n’auraient pas existé s’il n’y avait pas la CAN. L’autre forme de retombée, c’est la connexion entre les personnes. Elles auront forcément une image, car il y a le fait d’ouvrir le pays. Toute une population est arrivée par les partenaires économiques de la région. Ici, par exemple, je ne crois pas que les structures hôtelières fassent ce chiffre d’affaires hors CAN. Je suis sûr que les responsables auront le sourire pour deux ans. Idem pour les compagnies de téléphonie.

Par Youssouph BADJI & Coumba KA (Envoyés spéciaux)

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