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FATOU DIOP NDIENA, ELEVEUR DE MOUTON DE RACE: Trajectoire d’une championne dans la bergerie

Bergerie «Minké Sarré», en plein cœur de Malika dans la banlieue dakaroise. Dans la tanière, Fatou Diop Ndiéna et ses Ladoums. Ndiéna est aujourd’hui la fierté de l’élevage sénégalais En effet, le 25 décembre, lors du concours lancé par le Regroupement des éleveurs de la banlieue (REB), son mâle «Minké Sarri» et sa femelle «Arame Bacar» ont battu tous les records. Un itinéraire parsemé d’épreuves et de sacrifices, mais l’élevage du Ladoum est dans le sang. Aujourd’hui, Ndiéna peut raconter ses merveilles, sa gloire, sa passion, ses complaintes et sa vision du monde Ladoum.

 

C’est en plein cœur de sa bergerie sise à Malika dans sa banlieue natale que nous avons retrouvé Ndiéna et son mari entouré de ses moutons. La gloire de cette jeune éleveuse a débuté avec le phénomène «Minké». Mais avant cela, Ndiéna a traversé plusieurs périodes sombres en 2008, juste après le lancement de sa bergerie. Mais l’ancienne monitrice des collectivités éducatives et ancienne animatrice communautaire refusa de plier. En 2012, elle revient dans la tanière, cette fois-ci du haut de sa terrasse aménagée pour la cause et intégra l’Alliance pour le développement et l’amélioration de la race (ADAM).

Minké, un phénomène sans prix

La naissance du géant «Minké» n’a rien à envier à une légende. En effet, d’après Ndiéna, pendant une semaine, le «monstre» n’a pas pu marcher. Mais l’expérimenté Baye Balla Gueye disait à l’époque : «dafa nara njool rek». En avril 2015, alors que «Minké» vient à peine d’avoir 9 mois, Fatou l’a exposé à la foire sectorielle de l’ADAM. Ce géant s’était fait distinguer par ses belles caractéristiques. Idem à la Foire du REB initié le 23, 24 et 25 décembre 2016.

Cette association présidée par Ousmane Sène regroupe les éleveurs de Thiaroye, Pikine, Yeumbeul, Guédiawaye, Keur Massar, Bene-Barak et Malika. Pas moins de 80 exposants ont pris part à cette foire avec plus de 350 sujets. «Minké» a mesuré 114.3 m. Du haut de ces 29 mois, le «monstre» fait 134.2 kg, sa hauteur au garrot fait 114,3 cm.

«Esthétiquement, c’est un mâle qui est très joli, on ne peut pas lui refuser ça. Avec la blancheur de sa peau, quand il soulève sa tête, dans les foires, il suscite l’admiration de tout le monde», a relevé Ndiéna.

Arame Bacar, le géniteur de géant

La femelle «Arame Bacar» est belle. C’est une fille de «Messi», fils de «Mam Ngor», fils de «Amadou Gueye». Elle est d’une lignée de géant. Cette femelle aussi a battu les records, lors de cette foire du REB en remportant le titre de meilleure femelle.

Dans des exploitations à la taille humaine, le bien-être animal constitue à la fois, pour les éleveurs, une volonté et une nécessité. Vivant sept jours sur sept avec les moutons Ndiéna connait le petit nom de chacun d’entre eux. Elle est en effet naturellement attachée au confort de ces derniers. Mais il s’agit aussi d’un impératif économique : quand les bêtes sont heureuses et en bonne santé, elles produisent plus et mieux.

«Je suis d’abord une femme, j’ai un mari, j’ai des enfants. Ma passion originale, c’est ma famille mon rôle de femme. Je suis intéressé par le Ladoum par son développement. Ce virus est arrivé au fond de mon âme. Je le crie partout, je travaille dur pour cette race. C’est un produit sénégalais», a souligné Fatou Diop.

40 millions d’investissement en 5 ans

Le quotidien d’un éleveur, c’est bien sûr les deux traites quotidiennes, la distribution de nourriture aux animaux, le nettoyage des étables, les soins apportés aux bêtes, la surveillance de la santé du troupeau, les travaux agricoles et les tâches administratives. «Le mois, ça me revient minimum à 150 000 francs CFA pour la nourriture seulement, soit 10 000 francs par jour. Sans compter l’entretien, les employés à payer, etc», a relevé Ndiéna.

«Mon mari et moi, il y’a 4 ans, on s’est amusé à compter combien de Ladoum on a acheté. Entre les Ladoum qu’on a acheté, les médicaments, la nourriture, l’aménagement, les erreurs, ce n’est pas moins de 40 millions de francs CFA d’investissement en 5 ans», a relevé Ndiéna.

Karamba NDIAYE

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