Inondations en Côte d’Ivoire: à Abidjan, l’heure du deuil et des questions
Le jour d'après, en Côte d'Ivoire où au moins 20 personnes sont mortes dans les fortes inondations qui ont touché notamment Abidjan après des

CHANTAGES SEXUELS SUR LES RESEAUX SOCIAUX, ESCROQUERIES VIA LE NET…

Ces «métiers à scandales» qui font tendance

Scandales sexuels postés sur le net, «sex-tape» sur fond de chantages, arnaques, escroqueries via le net… Désormais au Sénégal, ces «métiers à scandales» font tendance. Malgré les rigueurs de la loi et les peines dissuasives, le phénomène va crescendo et les victimes s’enchaînent…

Qui doit-on indexer, les réseaux sociaux ou la perte de valeurs ? Qui doit-on blâmer, la victime ou l’auteur ? Autant de questions qui ne finiront jamais de trouver de réponses pour ces «métiers à scandales». Les Sénégalais sont habitués, depuis trois ans maintenant, à voir des scandales sexuels postés sur le net, souvent à l’insu des victimes.

Récemment, le 28 mars 2018, la Division des investigations criminelles (DIC) a mis fin à une rocambolesque affaire de chantage à la «sex-tape». En effet, deux élèves mineurs ont été arrêtés pour collecte déloyale, stockage et diffusion d’images à caractère pornographique, chantage et menace de diffusion.

Aïssatou F., la victime, a porté plainte contre Mamadou A. D. et autres, pour chantage et menace de diffusion via le site «Seneporno». Lors de leurs discussions sur le réseau social WhatsApp, ils ont eu à échanger des photos et vidéos. Et ce sont ces photos et vidéos intimes que le jeune garçon utilisait pour faire chanter la fille.

«Seneporno», l’exécuteur des victimes

En début décembre 2017, un homme aurait piégé, violé et dépouillé pas moins de 22 femmes sur le net avec un faux profil sur lequel est écrit Daba Diop. Abdoul Thiam, étudiant à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), a été identifié et appréhendé comme le principal fournisseur du site porno sénégalais. Abdoul Thiam avait créé plusieurs profils de riches célibataires pour appâter ses victimes.

Dans cette affaire, près de 30 personnes ont été piégées et filmées nues, avant que les vidéos de leur intimité ne soient vendues au site «Seneporno» qui les diffusait. Des vidéos vendues entre 100.000 et 110.000 francs CFA, selon la qualité.

En décembre 2017, une journaliste a été mise en cause dans une vidéo classée X et publiée dans un site pour adultes. Elle a pourtant soutenu avoir envoyé la fameuse vidéo (privée) à une connaissance du net avant qu’elle ne se retrouve dans un site porno. Elle a été quand même imprudente comme la femme de ce marabout qui a envoyé une vidéo intime à un de ses amants. Une affaire gérée par la gendarmerie…

300 infractions en 2016, 170 personnes déférées

Toujours est-il que la plupart des «piégés», «violés» ou «arnaqués» sont plus ou moins conscients que ces vidéos et traces pourraient leur être un jour reprochées. Sans parler de la façon qu’auront leurs propres familles de découvrir ces souvenirs, et les quelques frasques qu’ils n’auront pas effacées. Il n’est pas rare de voir «des partenariats ratés», «des mariages foirés», des «deals capotés» virer en chantage sexuel.

En tout cas, au Sénégal, le chantage ou harcèlement sexuel via le net, les commentaires diffamatoires sur les sites internet prospèrent comme jamais. Déjà, en 2016, plus de 170 personnes ont été arrêtées et déférées par la nouvelle Brigade spéciale de lutte contre la cybercriminalité qui a enregistré plus de 300 infractions.

13 personnes déférées par la Section de recherches en 2017

La Plateforme nationale de lutte contre la cybercriminalité de la Section de recherches de la gendarmerie nationale est constamment sur les traces des arnaqueurs sur le net. Les méthodes mises en exergue sont les cyber-patrouilles, l’écoute des réseaux sociaux, l’enquête sous pseudo en ligne, les dénonciations et les auditions.

D’après cette plateforme de lutte contre la cybercriminalité, 13 personnes ont été déférées depuis 2017 pour les infractions de chantages, harcèlements sexuels via les réseaux sociaux. «Par contre, pour les faits de chantage à la webcam, on a reçu plusieurs plaintes, mais personne n’est arrêté du fait que les auteurs sont des Béninois ne résidant pas au Sénégal», a renseigné la plateforme.

Les données en cours de traitement sur l’escroquerie sur le net

Pour les infractions telles que l’escroquerie sur le net, les responsables soulignent que le nombre de personnes arrêtées est en cours de traitement. Cependant, ils ont précisé que «ce phénomène (publication de vidéo privée sans le consentement de la personne) prend des ampleurs inquiétantes, notamment avec l’accès à internet qui est devenu facile au Sénégal. La loi est certes sévère, mais elle ne dissuade toujours pas».

Pour prévenir les utilisateurs d’internet sur ces dangers, la plateforme a initié des rencontres telles que les «Security Days» pour sensibiliser les populations. La plateforme a également mis en place un concept appelé «Passeport Jeune». Ce concept permet de sensibiliser les jeunes élèves du primaire par une liste de 20 questions auxquelles ils doivent répondre pour bénéficier, en cas de succès, à un diplôme pour l’utilisation d’internet en toute sécurité. Sur le diplôme, les parents de l’enfant vont apposer leur signature, ainsi que le Colonel-Commandant de la Section de recherches.

Karamba NDIAYE

Commentaires

commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*