RAMASSAGE DES ORDURES A SACRE-CŒUR: Un business juteux qui fait courir des jeunes

La collecte des ordures est devenue un business juteux dans certains quartiers résidentiels de Dakar, à l’image de Sacré-Cœur. En tout cas, dans ces quartiers où la rotation des camions d’ordures ne satisfait pas la demande, le concours des charretiers est fortement apprécié. Et l’affaire fait courir de nombreux jeunes.

Comme tous les jours, Amadou Sarr et sa charrette circule dans les Sicap-Liberté et dans Sacré-Cœur. Il collecte des ordures en échange d’une rémunération. Son cargaison, est revendue aux camions qui en profitent pour constituer leur cagnotte quotidienne. « Tous les jours, on se réveille tôt le matin pour descendre tard dans la nuit, rien que pour assurer quotidiennement les dépenses journalières de nos familles », déclare le cocher, sourire aux lèvres. « Tout ce que nous mangeons, nous l’obtenons en nous débrouillant avec nos charrettes », a ajouté le jeune homme. A l’image d’Amadou Sarr, des charretiers ratissent les coins et recoins de Sacré-Cœur pour remplir leurs charrettes, moyennant une somme appréciable, payée par les ménages. C’est parce que dans plusieurs quartiers de la ville, la rotation des camions d’ordures ne satisfaisant pas la demande, le concours des charretiers est fort apprécié. Par sachet ou poubelle, à des prix négociés, ces habitants de Sacré-Cœur sont abonnés aux services de ces charretiers. La cargaison revendue aux camionneurs Croisé près du jardin de Sacré-Cœur, la journée s’annonce bien pour Waly Ndong. Le jeune vient de marchander un chargement de gravas au bas d’un immeuble en réfection. Sourire aux lèvres, la sueur au front, il lance : « ça doit faire trois chargements, le monsieur m’a payé 6000 francs CFA. Je crois que ça fera l’affaire, puisqu’en temps normal, nous avons presque 3000 francs CFA, voire 4000 francs CFA de recettes journalières ». Toujours est-il que ces habitants sollicitent les services de ces charretiers toute la journée, sans pour autant connaître la destination finale de la collecte. En tout cas, si la cargaison n’est pas vendue aux camionneurs, elle est souvent déversée dans une cuvette derrière les Sacré-Cœur. « Je revends ma cargaison aux camionneurs. Ça dépend de la qualité de la marchandise et le poids. Il n’y a pas de prix fixe, ça peut être 3000 francs CFA, 4000 francs CFA, 5000 francs CFA… De toute façon, on se comprend », a expliqué le jeune Waly Ndong. 3000 francs CFA, voire 4000 francs CFA de recettes journalières En tout cas, dans ce quartier résidentiel peu fréquenté par les camionneurs, la facture mensuelle par maison peut arriver à plus de 10.000 francs CFA. Ce qui fait que ce marché juteux est devenu aujourd’hui, une source de revenus non négligeable pour ces jeunes qui ont tout abandonné, pour se consacrer à cette activité. « On paye souvent 200 francs CFA, 300 francs CFA, ça dépend de la poubelle ou du sachet. Mais, il n’y a pas de prix fixe. Et comme souvent, on les connaît, c’est le cœur qui paye », a indiqué Mme Niang, une habitante des Sacré-Cœur 3. Comme dans la plupart des grandes agglomérations du pays, il n’est pas rare de croiser dans ces rues, des enfants cochers qui exercent ce travail d’adulte. Ces tout-petits, généralement non-scolarisés, disent exercer cette activité pour subvenir aux besoins des parents sans emploi. «Je fais ce travail pour aider mon père. Il a deux charrettes et à la fin de l’année scolaire, je viens en ville pour l’aider », nous lance un jeune garçon, assis à bord de son chargement, près de la VDN.

Fatou KANE

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