PRODUITS LOCAUX, EFFETS DE TOILLETTES, BIJOUX, VETEMENTS, ALIMENTS…

Les foires-expositions itinérantes, nouveaux champignons dakarois

A l’image des marchés hebdomadaires qui sont implantés un peu partout à Dakar, désormais, c’est le règne des foires-expositions itinérantes. Des promoteurs privés louent des espaces aux mairies, qu’ils mettent à la disposition des exposants. Opportunités ou concurrence déloyale pour les commerçants ?

Des stands installés sur une esplanade où sont exposées et vendues toutes sortes de marchandises, allant des denrées aux produits locaux ou venant d’ailleurs. On est dans le décor des foires-expositions itinérantes comme elles pullulent un peu partout dans la capitale. Que ce soient des foires agricoles et paysannes, des foires aux plantes rares, des foires alimentaires, cosmétiques… bref, on y trouve des produits frais, des produits de soin, des vêtements, des œuvres d’art, de l’encens, etc.

Au rond-point Sacré-Cœur, sur l’avenue Bourguiba, à Grand-Yoff, à Ouakam, à Yoff, à Guédiawaye, entre autres lieux, chaque mois, de nombreuses foires et marchés itinérants sont planifiés et organisés dans l’espace public que les autorités locales louent à coups de millions à des vendeurs, moyennant une somme payée à la municipalité.

L’esplanade située en face du Casino-Score de Bourguiba, a toujours été l’attraction de ces foires-expositions. Dans l’enceinte, une trentaine de tentes installées, toutes occupées par des exposants. Trouvée en train de ranger ses marchandises composées de produits locaux, notamment du poisson séché, des crevettes, du pain de singe, Binta Badji, originaire de la Casamance, explique que pour son stand de 10 mètres carrés, elle a déboursé la somme de 150 000 francs CFA. Et cela pour une durée d’un mois. Mais, elle ne se plaint pas. «Les affaires marchent tout doucement, parce qu’on arrive à écouler nos produits», lance la jeune fille, sourire aux lèvres.

150.000 FCFA pour un stand de 10 mètres carrés

Cette foire qui a débuté à la fin de la Fidak (Foire internationale de Dakar), a été prolongée d’un mois et les exposants ont encore payé 75 000 francs CFA supplémentaires. Mais elle a pris fin le 3 avril passé. Ibrahima Diouf, la cinquantaine, soutient avoir acquis son stand de 9 mètres carrés à 100 000 francs CFA pour un mois. Il est cependant moins bien loti que Binta Badji. «L’écoulement des produits est une question de chance. On est là depuis 2 mois. Et pour chaque mois de plus, on paye 50 000 francs CFA. Au début, les clients viennent en masse. Mais au fur et mesure, l’attraction diminue et ça marche moins bien», dit-il.

Pour la majeure partie des exposants interpelés, un manque d’espace fixe les pousse souvent à suivre ces foires interminables dans les rues de Dakar pour éviter, à chaque reprise, des frais de transport supplémentaires. Même si la rentabilité n’est pas en reste. C’est le cas d’Adama Kamara. Elle a partagé son stand de 100.000 francs CFA avec une Nigérienne qui vend du ‘Cuuraay’ (de l’encens).

«Je préfère exposer mes marchandises ici, que de les donner à crédit, parce que les gens ne remboursent plus ce qu’ils prennent à crédit», dit la dame qui a, par ailleurs, sollicité une prolongation de cette foire sur une période plus longue d’au moins trois mois.

«Seuls les passants achètent nos produits, les riverains ne viennent pas»

Contrairement à cette foire pionnière de Bourguiba, au niveau de celle de Grand-Yoff, près de la mairie, ce n’est pas le grand rush. Ici, les affaires marchent au ralenti, certains stands sont inoccupés et les clients se font rares.

Devant son étale de parfums et d’huile à base de produits naturels, Rahma Diallo, la trentaine, se fait du mouron : «On a payé 100.000 francs CFA pour un stand que je partage avec deux autres vendeurs. Mais ici, ça ne marche pas bien. Cette foire prendra fin bientôt et je sais qu’elle va être prolongée. Mais je préfère aller à celle de Mbour où c’est plus rentable».

Pour sa part, Mme Diouf, elle, est prête à libérer un des deux stands qu’elle a réservés pour son commerce, car, dit-elle, «ici, à Grand-Yoff, seuls les passants achètent nos produits. Les résidents ne viennent ni pour visiter, ni pour acheter, comme c’était le cas lorsqu’on était au rond-point Sacré-Cœur, devant la Boulangerie jaune, où ça marche mieux avec une forte fréquentation des clients».

Assette BALDE

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