POINT DE VENTE DE MOUTONS DU PARKING DU STADE LEOPOLD SENGHOR : Bienvenue à la foire de la saleté  

Les alentours du plus grand stade du Sénégal sont en phase de devenir une véritable foire à la saleté. En effet, en plus des dépotoirs sauvages, le parking du stade Léopold Sédar Senghor est un point de vente de moutons, le temps des opérations Tabaski, alors que le Sénégal joue contre le Burkina Faso, le jour même de la Tabaski. Les occupants, eux, ne sont préoccupés que par la vente de leurs moutons.

 

Le stade Léopold Sédar Senghor pue du fait de ses alentours qui servent d’urinoir, de dépotoir… Les eaux usées des fosses septiques à ciel ouvert, donnent envie de vomir. On ne passe pas aux abords du stade sans se boucher les narines, tellement ça pue l’urine, les restes d’animaux morts en décomposition, mélangés aux ordures et crottes d’animaux.

En effet, le parking du stade est un traditionnel point de vente de moutons pendant les opérations Tabaski. Et sur place, cet endroit est à nouveau inondé de moutons. Du «còggal», aux moutons de race, le site est bien approvisionné. En cette mi-journée du lundi, l’endroit est bondé de monde. Les vendeurs installés ça et là, se meuvent dans ce désordre sans nom. L’exposition débute depuis l’espace qui fait face à la Cité Millionnaire, jusqu’à la porte centrale du stade. Un véritable foirail jusqu’au mur du stade où le Sénégal va recevoir le Burkina Faso, le jour même de la Tabaski, en match comptant pour les éliminatoires de la Coupe du monde 2018.

Pour le moment, les occupants ne pensent même à ce désordre qui peut arriver le jour du match. Ils ne sont préoccupés que par la vente de leurs moutons. C’est le cas de Khady Fall Ndiaye, vendeuse de moutons de race. Devant son enclos, des eaux farcies de larves verdâtres mélangées à la boue, forment le décor. Elle vend des «laadum».

 

Les prix, hors portée pour les clients

«Moi, je suis là pour vendre mes moutons. Tout ce que je peux vous dire, c’est que le ‘laadum’ coûte cher. Ce n’est pas évident de nourrir toutes ces bêtes. Moi, je vends une femelle ‘laadum’ à 500.000 francs CFA ou 800.000 francs CFA. Donc, un mâle ‘laadum’ peut coûter jusqu’à 50 millions de francs CFA», a lancé la dame, sans donner plus de détail sur ses prix de vente.

Installés sous des tentes de fortune, tantôt autour du thé, tantôt – pourquoi pas – épuisant quelques minutes de sommeil, les bergers sont dans l’attente des clients. Mais ces vendeurs ont des soucis, du fait de l’absence d’éclairage public et de forces de l’ordre en nombre suffisant, pour sécuriser le site. «Nous n’avons pas de lumière sur ce parking. Il n’y a qu’une seule lampe solaire qui s’allume pendant la nuit. Nous sommes obligés de prendre des lampes torches pour veiller sur nos bêtes, car il y a les voleurs qui passent», renseigne Djiby Bâ, un «téfanké» venu du Mali.

D’ailleurs, a-t-il fait remarquer, «pour pisser, on ne trouve pas de toilette. Et ce qui est malheureux, c’est qu’on ne peut pas bouger pour aller loin, car l’insécurité nous gagne psychologiquement».

Amadou Sy, un autre vendeur venu également du Mali, trouvé dans son enclos, d’ajouter : «Il n’y a pas de sécurité ici. Depuis que nous sommes venus sur les lieux, nous n’avons vu qu’une seule fois un vigile. Il n’y a que les lampes qui sont vers la cité Mixta, qui sont allumées. Ce n’est pas ce que le ministre de l’Elevage nous avait dit quand elle est venue nous voir pour nous convaincre d’amener nos moutons à Dakar».

 

Quand le «tàpp» se fait rare

S’agissant des prix de vente des moutons sur le site, ils varient en général entre 100.000 francs CFA et 700.000 francs CFA. Des prix hors portée pour les clients croisés sur place. «J’avais prévu 100.000 francs CFA pour acheter mon mouton. Mais là, je suis obligé de retourner, car ce qu’on m’a proposé ne me convient pas», nous lance Amadou Ndir.

Même son de cloche du côté d’Ismaïla Dieng, qui souligne qu’«ici, on ne touche pas aux gros moutons (kuy), car les prix sont exagérés ; pas moins de 100.000 francs CFA, quoi ! J’étais venu pour acheter un mouton ‘tàpp’, mais il se fait rare».

Sur ce site, si les bergers ne cessent de déplorer les mauvaises conditions de travail, les charretiers livreurs d’eau, eux, se frottent les mains. Faute d’eau courante à suffisance sur le point de vente, ils font la navette tous les jours entre la cité Keur Damel, ou la cité Millionnaire et le stade, pour ravitailler les occupants.

«Pour le bidon qui fait 20 litres, ça coûte 150 francs CFA, le bidon de 10 litres est à 75 francs CFA. Et au moins, nous pouvons faire 10 voyages par jour. Ça marche très bien», nous explique Ousmane Diallo, jeune charretier, le sourire aux lèvres.

Dior NIASSE

 

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