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PROCES EN APPEL DE L’ANCIEN PRESIDENT TCHADIEN: Les avocats commis d’office pour Habré démontent la procédure

Le procès  en appel de l’ancien Président tchadien s’est ouvert, hier, au Palais de justice de Dakar. Les avocats commis d’office pour défendre Hissein Habré ont démonté la procédure, en l’absence du principal concerné.

Dès l’entame du procès, Mes Mounir Balal, Mbaye Sène et Abdoul Gningue ont introduit une requête sans obtenir gain de cause. Les conseils commis d’office pour défendre Hissein Habré estiment que le juge Bara Guèye ne doit pas faire partir de la composition de la Chambre africaine extraordinaire d’assises d’appel, car ayant déjà pris connaissance du dossier. En effet, ce dernier avait siégé, lors du procès du Président tchadien contre des journalistes, à l’issue duquel ces derniers avaient été relaxés.

Invité à présenter oralement les moyens d’appel, Me Abdoul Gningue exposera en premier les failles qu’il a relevées dans la procédure. Et c’est pour dénoncer la composition. Il s’agit, d’après lui, d’un vice de procédure d’une gravité exceptionnelle. Ce qui, à l’en croire, motive la nullité de la décision du 30 mai dernier.

Sur les intérêts civils, la défense a estimé que la justice a été rendue de manière irrégulière. «Nous avions soulevé la nullité de l’ordonnance de renvoi, puisque vous avez constaté que seul Habré avait été renvoyé au terme de l’instruction. Or l’article 175 dit que le juge examine les charges, et s’il s’avère que les charges sont retenues contre des personnes, elles doivent toutes être renvoyées.  Les co-inculpés de Habré n’ont pas été renvoyés. Tout a été endossé par une seule personne», a déclaré Me Gningue.

En renvoyant seul Habré, Me Gningue estime que ceux qui ont été les promoteurs de ce procès ne se sont pas souciés d’une justice impartiale. Autre irrégularité soulignée par le conseil, c’est le jugement du 30 mai qui, relève-t-il, «n’était pas revêtu de la signature de la greffe».

 Hissein Habré brille par son absence

Selon Me Abdoul Gningue, le jugement n’a été signé que par le président et ses assesseurs, contrairement aux dispositions de la loi. «On ne peut pas parler  de la peine en première instance, car la composition de la chambre est irrégulière. Le bénéfice des circonstances atténuantes n’a été retenu dans la décision, mais ils ont exécuté la peine générale», a également affirmé l’avocat.

Dans sa plaidoirie, Me Mounir Balal a indiqué que «l’affaire ressemble à un précieux cadeau offert à l’Afrique, emballé dans un papier de mauvaise qualité». «C’est presque une œuvre d’art. Tout a été fait dans la précipitation. C’est un procès éminemment politique. On a fait des bourdes. La défense a bon dos, on nous fait tous les reproches du monde. Je ne suis pas fier des conditions dans lesquelles l’accusé a été jugé. Il y a eu de graves trébuchements dans cette affaire. J’ai examiné le dossier et je n’ai pas vu un seul élément à décharge. La perpétuité, c’est la mort psychologique. Les cas de viol évoqués ne sont pas crédibles», a asséné Me Balal.

Quant à Me Mbaye Sène, il a demande à la Chambre de revoir le jugement rendu. «Ce procès a été fait et les droits ont été bafoués, avec la violation des droits de la défense. Les dépositions des témoins ne sont pas fiables. Il y a eu des omissions», a-t-il souligné.

Il faut relever que l’ancien Président tchadien, fidèle à ses convictions, a refusé de comparaître. Mais, cette fois-ci, la Cour n’a pas fait recours à la force pour le contraindre à comparaître. Ce qui fait que Hissein Habré n’a pas fait le déplacement.

L’audience reprend ce matin à la salle 4 du Palais de justice de Dakar.

Awa DABO

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