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DR PAPA ABDOULAYE SECK, MINISTRE DE L’AGRICULTURE ET DE L’EQUIPEMENT RURAL: «Pourquoi la campagne agricole est loin d’être catastrophique»

Son plan d’adaptation d’urgence lancé, le Dr Papa Abdoulaye Seck a enfilé ses gants pour frapper en direction de ses détracteurs. Le ministre de l’Agriculture et de l’Equipement rural a tenu à préciser que «la campagne agricole, telle qu’elle se déroule actuellement, est loin d’être catastrophique».

Monsieur le ministre, vue la mauvaise pluviométrie, dans certaines zones, peut-on dire que la situation est catastrophique ?

D’abord, je dois dire et souligner en présence des DRDR (Directeurs régionaux du développement rural), en présence aussi des organisations professionnelles et interprofessionnelles que la campagne, telle qu’elle se déroule, actuellement, est loin d’être catastrophique. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas de zones difficiles. Mais cela ne doit pas nous conduire à une généralisation concernant la caractérisation de la campagne. Ce ne sont pas des propos que nous tenons à partir de Diamniadio en étant coupé de la réalité. Nous avons effectué des tournées pour constater comment se déroule cette campagne.

Quand on aborde une campagne agricole ou quand on vit une campagne agricole, on doit toujours faire preuve de sérénité et de lucidité pour être sûr de pouvoir assurer sa campagne. Les campagnes agricoles, on le sait, elles peuvent être similaires, mais elles ne sont jamais identiques, parce qu’il y a les changements climatiques. Il faut aussi comprendre que dans une campagne agricole, il n’y a pas une homogénéité concernant la pluviométrie et les différents facteurs climatiques. Donc, dans une campagne agricole, nous avons des campagnes agricoles selon l’angle d’attaque qu’on a, selon la zone considérée.

Mais pour le gouvernement du Sénégal, ce que le Président nous a prescrit, c’est de dire : nous devons cesser de considérer les changements climatiques comme une fatalité en soi. Ils doivent être considérés comme une équation difficile qu’il faut résoudre, en s’appuyant sur nos intelligences, sur les connaissances et technologies disponibles générées par la recherche scientifique. Donc, éviter une gestion des urgences et opter pour une gestion rationnelle dans le cadre du suivi des campagnes agricoles.

Est-ce que ce plan d’urgence n’a pas été improvisé ?

Rien, absolument, n’est improvisé ; tout est calculé, lorsqu’on gère une campagne. Nous avons un certains nombres de séquences que nous observons lorsqu’on est dans le cadre du suivi des campagnes agricoles.

Quelles sont ces séquences que vous observez ?

D’abord, la première séquence, c’est contrairement ce que pensent beaucoup de personnes, on commence à planifier une campagne agricole dès la fin d’une campagne. Ça veut dire que dès la fin de l’hivernage, on commence à préparer l’hivernage prochain, en formulant un certains nombres d’hypothèses. Lesquelles hypothèses sont assorties de stratégies de minimisation du risque agricole. Quand j’entends certains dire «oui, on le savait il y a de cela 2 mois», nous, on remonte plus loin que ça. A chaque hypothèse correspond une stratégie de minimisation du risque.

Ensuite, en début mai, on tient toujours un Conseil interministériel sur la campagne. Et dans la communication du ministère de l’Agriculture, il y a toujours un programme d’adaptation provisoire.

La troisième séquence, en fin mai, lorsque les services Météo nous communiquent les prévisions, ce que nous faisons, c’est un ajustement du programme d’adaptation provisoire et ensuite on fixe la date de la mise en œuvre du programme d’adaptation. Le point de départ, ce ne sont pas les prévisions Météo, c’est plutôt la fin de l’hivernage. Il faut le comprendre comme ça. Cette originalité que nous avons dans la démarche explique pourquoi la FAO (Fonds des Nations-Unies pour l’Agriculture) considère le Sénégal comme une référence en matière de gestion de changements climatiques. Il ne faut pas se laisser déborder par certains qui ne savent pas comment ça marche.

Ce plan pourrait-il sauver le Nord et le Centre d’une probable période de soudure ?

Ça peut nous permettre là où il y a des dégâts, de pouvoir les réparer. Ce qui nous reste, c’est de continuer à prier pour que la tendance actuelle de retour de la pluviométrie se confirme, qu’on déclenche le plan dans les meilleurs délais. Et je crois que ce plan d’adaptation, plus le retour des pluies, devraient nous permettre de confirmer la bonne santé de l’agriculture sénégalaise. Donc, rien ne doit être considéré comme étant catastrophique. Il faut faire preuve de vigilance et assurer un suivi de plus en plus rapproché.

Propos recueillis par

Karamba NDIAYE

 

 

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