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BUSINESS DU FOIN: Une filière qui nourrit bien son homme

A SICAP Mbao, se trouve le foirail des grands ruminants, communément appelé Fora. Un marché où on ne vend pas exclusivement des bœufs et des vaches. C’est aussi le plus grand marché de foin, «ngoonG» de la capitale. En effet, le «ngoon» qui sert d’aliment de bétail est très prisé par les éleveurs. Un tour au foirail nous a permis de savoir les origines du produit, les systèmes de vente par détaille et de distribution.

Sur la route nationale (RN1) à 23 km de Dakar se situe exactement le foirail des grands ruminants. Sur place, les bêtes attendent tranquillement d’être vendues ou de passer chez le boucher. Les peulhs qui sont connus comme les très grands éleveurs surveillent scrupuleusement les allées et venues, pour ainsi assurer eux même la sécurité des lieux. En face d’eux des montagnes «ngoon» campe le décor. Rangé à même le sol ou sur des camions, ce produit est l’aliment de base de ces bêtes vendues dans le foirail mais aussi de celles qui sont élevées dans les maisons. «Ce ngoon provient des champs d’arachides. Après avoir récolté leurs arachides, les cultivateurs prennent les arbustes qui deviennent ce «ngoon» là. Après ils mettent cela en sac qu’ils nous revendent», explique Alassane Ndiaye à propos des origines. «En général, nous allons dans le Saloum ou en Casamance pour nous approvisionner. On peut aussi dire qu’il existe différent type de ngoon. On peut en citer le « fourrée », le « ngoon Thiope » et « l’essaiment ». Ces différentes qualités de ngoon sont appréciées selon les objectifs de l’éleveur. Mais il faut aussi retenir que le ngoon qui nous vient du Saloum est meilleur que celui qui vient de la Casamance, car là-bas les gens ont plus une culture du ngoon et de son importance. Cependant, il faut aussi dire que de plus en plus les casamançais commencent à comprendre et prendre soin de leur produit», explique le vendeur.

Le «fourrée», le «thiope», «l’essaiment», les différents types de «ngoon»

Le prix d’achat du ngoon n’est pas fixe et cela dépend de la zone. «Le prix n’est pas fixe. Il varie selon la zone où on l’achète. Par exemple dans le Saloum, c’est un peu plus cher. Là-bas le prix varie entre 1500 francs CFA et 2200 francs CFA, le sac les frais compris. Il faut rappeler que le ngoon se vend par sac. En Casamance le sac est vendu à 1000 francs CFA, mais il va falloir que l’acheteur prenne en charge le transport du champ au lieu d’embarquement», nous apprend le président des vendeurs de ngoon. Mais il tient aussi à préciser que «ces prix peuvent dépasser largement cela quand la pluie se fait rare dans le pays. Dans ce cas nous avons tous les problèmes du monde pour trouver du ngoon à vendre». Le produit est collecté au niveau des villages les plus reculés du Saloum et de la Casamance. Ce qui rend un peu difficile le transport jusqu’à Dakar. «Le transport dépend de la zone d’origine du produit. Comme à l’achat, au transport le ngoon est aussi facturé par sac. Si le produit doit quitter la Casamance, le prix du transport se situe entre 700 francs CFA à 800 francs CFA selon le village d’origine. Et pour celui qui vient du Saloum le prix varie entre 250 et 600 francs CFA. Et pour un camion de dix tonnes, nous pouvons avoir jusqu’à trois cents sacs. Mais il faut dire qu’on pouvait avoir plus dans le passé avec plus de cinq cents. Mais depuis l’installation des ponts bascules entre Kaffrine et Bargny, on ne peut plus le faire», explique-t-il.

Le «ngoon» du Saloum mieux que celui de la Casamance

Une fois à Dakar, la vente se fait sur place avec les revendeurs et les grands éleveurs. «Une fois à Fora, le sac est vendu entre 2500 et 3500 francs CFA si le «ngoon» est abondant. Mais si le produit est rare, on peut vendre le sac jusqu’à 5000 francs CFA», ajoute Alassane. «Nous vendons deux types de sacs. De grands sacs à 3000 francs CFA et de petits sacs à 2500 francs CFA. Nous vendons aussi par seaux pour ceux qui achètent le gogne épisodiquement. Le seau de gogne est vendu à 500 francs CFA», renseigne Abdoulaye Ba, un revendeur installé à Sicap Mbao. La distribution du «ngoon» est faite par les charrettes. «Nous attendons que les gens viennent acheter avec les vendeurs pour leur proposer nos services», dit Amadou un jeune charretier. «Nous allons jusqu’à Pikine, Yeumbeul, Mbao ou Guinaw-rails et nous sommes payés selon notre destination. Les prix tournent autour de 2000 à 15000 francs CFA. Et à la fin de la journée, nous pouvons avoir jusqu’à 20000 à 25000 francs CFA de gain», dit-il.

Le vol, la principale équation des vendeurs de «ngoon»

Cependant pour ces vendeurs de «ngoon», il ne peut y manquer de difficultés. «La seule difficulté que nous déplorons, c’est le vol. Il y a des jeunes qui ne font rien d’autre que voler nos produits. A la fin de chaque mois, plus de cent sacs sont dérobés dans nos piles», se désole Alassane Ndiaye même il affirme que des solutions sont en train d’être préconisées avec la police et la mairie pour y remédier. A part cela les vendeurs de «ngoon» ne se plaignent pas. «Nous gagnons bien notre vie avec ce travail même si on rencontre quelques difficultés des fois», termine Alassane Ndiaye.

Mouhamadou SISSOKO

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