DERIVES SUR LES RESEAUX SOCIAUX: Des spécialistes posent le débat sur le changement de comportement

Dernièrement, beaucoup de dérives ont été notées à travers les réseaux sociaux. Pour une meilleure prise en charge de la question, des professionnels du secteur des médias sociaux ont réfléchi autour du thème : «Médias dans la tourmente du numérique : régulation ou libre expansion». C’était hier, lors d’un panel à la Maison de la presse.

«Les mardis du numérique», c’est l’initiative portée par des acteurs du secteur du net, en vue de favoriser des échanges approfondies entre les différentes parties prenantes, pour une forte appropriation des enjeux de la stratégie numérique. C’est donc dans ce sens qu’une conférence sur le thème : «Les médias dans la tourmente du numérique : régulation ou libre expansion», s’est tenue, hier, à la Maison de la presse ; un thème actuel, selon le Professeur Abdoulaye Sakho, agrégé en Droit, enseignant à l’Université Cheikh Anta Diop et fondateur des Masters en Droit de la régulation et en Droit du sport.

A l’endroit des professionnels de la presse, le Pr Sakho demande du recul. «Quand vous recevez des informations, prenez du recul, car malheureusement, dans notre société, on est trop émotionnel. Et par conséquent, ça fausse beaucoup de débats. C’est un thème bien choisi, parce que le numérique, pour la Banque Mondiale, est la quatrième révolution industrielle. Aujourd’hui, l’accès à internet est un facteur fondamental pour le développement», a-t-il analysé.

Le professeur de Droit considère que le numérique ne doit pas être pris comme un secteur d’activité. «On a tendance à tout prendre comme un secteur d’activité. Quand nous regardons ce qui se passe aujourd’hui, nous voyons que c’est la forme de l’expression de l’économie. Ça donne naissance à de nouvelle manière de produire», selon lui.

Ce qui l’amène à se demander si avec le numérique, le journal papier et le livre ne sont-ils pas en train de disparaitre à petit feu ? Car, a-t-il argumenté, «il y a un gros problème, parce que je vois qu’on a raté quelque part, le virage du numérique dans la presse écrite sénégalaise. A force de se focaliser sur la presse papier, elle a péché par déficit d’innovation. Elle commence à exploiter, mais de manière difficile, le numérique. On a mis du temps pour dire qu’il faut changer. On a subi le numérique plus qu’on a anticipé».

«La liberté d’expression s’arrête là où commence le droit des autres»

Pour le Dr Mouhamadou Lô, juriste, expert en Droit numérique et conseiller juridique à l’Agence de l’informatique de l’Etat (ADIE), également, il faut un changement de comportement devant les réseaux sociaux. «La prolifération des médias a permis le développement de la démocratie et de la liberté d’expression. Mais le revers de la médaille est qu’aucun média n’est neutre. La liberté d’expression s’arrête là où commence le droit des autres. Sinon, ce serait porte ouverte à toute les dérives», a estimé le juriste.

Pour lui, «c’est le pouvoir de s’exprimer librement, mais dans le respect de la loi. Le législateur considère aujourd’hui les nouveaux médias comme des moyens de diffusions publiques». Mais en revenant sur les dernières actualités liées aux réseaux sociaux, il a relevé que «l’affaire qui a soulevé le débat au Sénégal, est : Est-ce qu’une discussion dans un groupe WhatsApp, a un caractère public ou privé ? A la base, c’est privé, mais dès que ça tombe sur la place publique, il peut y avoir un trouble à l’ordre public. Et quand il y a trouble, le procureur doit réagir».

«Il faut faire la différence entre ce qui est privé, fermé, et ce qui est privé et qui est sur la place publique. C’est pourquoi le législateur a très tôt prévu les moyens de diffusion publique en citant la radio, la télé, la presse, l’affichage et tout ce qui web», a-t-il indiqué, en prônant «le changement de comportement» et «une intégration dès le bas âge, du programme numérique».

Awa DABO

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