DEPUTE  MOUSTAPHA CISSE LO, RESPONSABLE APR : «Le président de l’Assemblee nationale doit être de notre parti»  

 

 

Depuis la capitale togolaise où il séjourne pour les besoins du sommet extraordinaire du Parlement de la CEDEAO qu’il dirige, Moustapha Cissé Lô, vice-président de l’Assemblée nationale du Sénégal, a analysé dans un entretien exclusif, les résultats des Législatives du 30 juillet 2017. Pour M. Lô, les auteurs des saccages de bureaux à Touba, courent toujours. Aussi, il est d’avis que le président de l’Assemblée nationale doit être issu des rangs de l’APR. Il s’est également prononcé sur d’autres questions de l’actualité politique dans notre pays.

 

Bénnoo Bòkk Yaakaar a obtenu la majorité au Sénégal, lors des Législatives de juillet. Etes-vous satisfait de ce résultat ?

Permettez-moi d’abord de remercier le peuple sénégalais, pour sa maturité et son engagement sans faille pour le renforcement de notre démocratie. Je dirais sans hésiter que je suis très satisfait de cette élection qui s’est déroulée dans la régularité, malgré les intempéries qui n’ont pas entaché la sincérité du scrutin dans son ensemble. Je félicite le Président Macky Sall qui s’était engagé dès son accession au pouvoir, à respecter le calendrier républicain. Et jusque-là, tout se passe bien et on ne peut que s’en réjouir.

 

Seulement, l’opposition affirme le contraire et parle des plus mauvaises élections organisées dans l’histoire du Sénégal. Etes-vous d’avis ?

L’opposition est dans son rôle de critique, mais ce qu’elle dit n’est pas conforme à la réalité. Certes, il y a des disfonctionnements dans l’organisation, mais dans l’ensemble, les observateurs étrangers, dont l’Union Africaine, ont relevé des couacs, qui n’ont rien entravé dans la sincérité de l’élection, et nous nous en réjouissons.

 

A Touba, Bénnoo a été battu par Wade. Est-ce que vous vous attendiez à ce scénario ?

Pour le cas de Touba, je n’accepte pas la défaite de notre coalition, parce qu’il n’y a pas eu d’élection. Pour qu’il y ait victoire entre candidats, il faut qu’ils partent à chances égales. Et ce n’est pas le cas à Touba. Des nervis du PDS ont saboté les élections et les coupables courent toujours. J’ai alerté et j’ai dis au chef de l’Etat, avant la tenue du scrutin, que le PDS et ses alliés veulent perturber le scrutin à Touba. Leur objectif principal, c’était de s’attaquer aux bureaux des centres de vote qui leur étaient défavorables. Au moins deux cents d’entre eux n’ont pas fonctionnés. Comment peut-on gagner une élection dans ces conditions ? Sur les cinq candidats titulaires, seul un candidat a voté et il est hors de la ville de Touba. Moi-même qui vous parle, deux de mes enfants n’ont pas voté. Au bas mot, 50 000 militants de base à 75.000 citoyens n’ont pas exercé leur devoir de citoyen. Voilà la situation de Touba ! Plus grave, l’organisation à Touba n’a pas été parfaite. C’est à la limite catastrophique.

 

Des voix s’élèvent pour demander le départ du ministre de l’Intérieur. Quel devrait être les mesures conservatoires à prendre pour éviter ce genre de problèmes en 2019 ?

Le départ ou non d’un ministre relève du pouvoir discrétionnaire du chef de l’Etat. Je n’entre pas dans ces détails. Mais je pense que, pour le cas de Touba que je connais le plus, il y a lieu que le sous-préfet de Ndam, le préfet de Mbacké, le gouverneur  de Diourbel et le ministre de l’Intérieur, s’expliquent sur l’absence de vote dans plusieurs centres, alors que les moyens matériels et financiers étaient déjà disponibles. Après cela, il appartiendra au président de la République d’apprécier. Mais je ne peux lui dicter la conduite à tenir.

 

Pour justifier certains manquements, les organisateurs locaux évoquent la pluie de la veille ?

Dans ce cas, le sous-préfet devait constater que les dégâts et préjudices de la veille ne sont pas compatibles avec une bonne organisation. Il pouvait, vers 14h, avant même le saccage des bureaux par des vandales, convoquer les têtes de listes des coalitions les plus représentatives et discuter avec elles. Et il faut rappeler que chacune d’entre elles s’est exprimée pour dire que les conditions de vote ne sont pas réunies, y compris la Coalition Gagnante/Wattu Sénégal. Donc, le sous-préfet, en accord avec les coalitions, devait demander le report du scrutin dans la circonscription de Touba, dans les 48 heures ou bien le dimanche suivant. Et à mon humble avis, je crois que les coalitions l’auraient accepté. Maintenant, sa responsabilité est engagée, mais malgré la pluie, on pouvait trouver des solutions palliatives.

 

Vous avez revendiqué la paternité de la liste départementale de Mbacké, en collaboration avec le président de votre parti. Est-ce qu’on ne va pas, quelque part, vous imputer cette contre-performance de Bénnoo à Touba ?

J’assume tout ce qui se passe à Touba. Je ne suis pas de nature à fuir devant mes responsabilités. J’avoue qu’on avait la meilleure liste. Mais compte tenu de tout ce que j’ai évoqué plus haut, il était presque impossible pour notre coalition de tirer son épingle du jeu. A Mbacké, il y a eu des problèmes sérieux entre un candidat et le calife de Darou Salam. J’ai essayé d’arrondir les angles et j’ai même fait un meeting sur place, il m’a promis de voter pour Macky Sall, mais par la suite, vous avez vu ce qui s’est passé. Des dissidents du Conseil municipal de Mbacké ont également battu campagne contre nous, malgré les rencontres et tentatives de réconciliation. La défaite dans la commune de Mbacké était presque prévisible, à quelques jours du scrutin. Mais mettons tout cela dans le compte du passé et faisons cap sur 2019.

 

Etes-vous toujours optimiste quant à passer au premier tour, quand on sait que le pourcentage obtenu est en deçà de 51% aux Législatives ?

Ceux qui se focalisent sur les chiffres des Législatives vont avoir un réveil brutal. Ces élections ne sont pas celles de Macky Sall. C’est son Premier ministre et les membres de sa coalition, notamment les candidats dans les différents départements, qui battaient campagne pour une continuité des actions que le Président est en train de faire. Mais je vous assure que si notre candidat en 2019, le Président Macky Sall, descend sur le terrain, il va laminer l’opposition comme il l’avait fait au référendum. Dans le contexte politique actuel, le Sénégal n’a pas d’opposant crédible pouvant faire face à notre candidat.

 

Et  les Khalifa Sall, Karim Wade, Idrissa Seck, Gakou etc. ? Ne font-ils pas le poids devant votre candidat ?

Ne me parlez pas de ces gens-là ! Khalifa Sall est entre les mains de la justice, il ne peut pas être candidat. Mais même s’il pouvait l’être, il ne dispose pas d’un vécu pouvant lui permettre d’aspirer à diriger ce pays. Idrissa Seck est un responsable communal de Thiès. Les Sénégalais l’ont vomi depuis très longtemps. Lui-même le sait, de par ses contreperformances enregistrées depuis qu’il est sorti de prison, pour détournement. Gakou, je n’en parle même pas, laissons-le avec Aliou Sall. C’est un éternel perdant. Karim Wade ne peut pas être candidat, encore moins son père. Donc dites-moi : Qui ?, pour battre notre candidat. Je ne le vois pas encore dans cette opposition qui n’existe que par le mensonge, la médisance et la calomnie, à travers la presse. D’ailleurs, beaucoup d’entre eux n’ont même pas battu campagne à l’intérieur du pays, lors des Législatives. Dans certaines localités, ce trio est venu loin derrière Bénnoo et Wattu Sénégal. Avec le temps, on verra.

 

Pour l’installation proprement dite de l’Assemblée nationale, d’aucuns craignent un blocage du doyen d’âge Abdoulaye Wade pour demander la présence de Khalife Sall. Que prévoit le règlement intérieur dans ce cas de figure ?

Abdoulaye Wade ne peut pas bloquer l’installation des députés de la 13e Législature. Lui, en tant que doyen d’âge, préside la séance d’installation du président. Rien d’autre. Il n’a pas ce pouvoir. Son rôle, le jour de l’installation, n’est pas de demander d’aller chercher des députés qui sont en prison et des députés qui sont absents. S’il tente de le faire, il va se ridiculiser, parce qu’il sera immédiatement remplacé par son suivant immédiat de doyen d’âge. Donc, si c’est pour nous faire perdre du temps, les partisans de Khalifa Sall qui agitent la question, n’ont qu’à aller voir ailleurs.

 

El Modou GUEYE

(Envoyé spécial à Lomé)

 

 

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*



*