CONTRE LE PARRAINAGE A LA PRESIDENTIELLE

Le Front de résistance nationale voit le jour…

Résistance ! C’est le mot d’ordre lancé, hier, par les 27 partis, mouvements, associations et organisations démocratiques et sociales, qui ont mis en place une plateforme pour faire barrage aux «manipulations constitutionnelles et électorales».

Lors d’une conférence de presse tenue, hier, à Dakar, les leaders de l’opposition et les représentants d’organisations démocratiques et sociales ont exprimé leur détermination à faire face au président de la République qui, selon eux, veut leur imposer le parrainage et 11 autres points.

Ces derniers ont lancé un Front de résistance nationale contre les «manipulations constitutionnelles et électorales».

«Nous, partis politiques, mouvements, associations et organisations démocratiques et sociales signataires, sommes plus que jamais solidaires dans le combat autour de la conduite des processus démocratiques, la mobilisation et la lutte pour exiger l’instauration d’une véritable démocratie politique, électorale, sociale et citoyenne dans notre pays à travers la bataille résolue contre toute volonté du pouvoir en place d’imposer un coup d’Etat constitutionnel et électoral au moyen d’un  tripatouillage de la Constitution et du Code électoral en vigueur au Sénégal, en vue d’y introduire unilatéralement un parrainage piégé et autres dispositions antidémocratiques», a, d’emblée, déclaré Mamadou Lamine Diallo.

«Decroix» : «S’ils veulent la paix, qu’ils retirent leur projet de loi»

Selon lui, le Front va axer son combat sur «la prise en charge de toutes les mesures appropriées pour assurer la sécurité réelle des citoyens en général ; une distribution transparente des cartes d’électeur ; un audit indépendant des cartes d’électeur, la séparation des votes des militaires et des civils ; la nomination des juges indépendants, en lieu et place du Conseil constitutionnel pour la proclamation des résultats et entre autres points, l’arrêt des répressions politiques et de l’instrumentalisation de la justice pour cibler et éliminer des candidatures à l’élection présidentielle prochaine».

Le porte-parole du jour du Front susnommé de mettre en garde Macky Sall : «S’il veut faire du forcing, nous ferons face avec le peuple. Nous convergeons vers un seul mot d’ordre ‘Touchez pas à notre Constitution’. C’est notre seul mort d’ordre et il sera répandu à l’Assemblée nationale».

Lui emboîtant le pas, Mamadou Diop «Decroix» de dire : «Je ne sais pas si le 23 juin, les religieux ont intercédé ou pas, mais le peuple est descendu dans la rue. Macky Sall n’a consulté personne. Il a lui seul décidé dans son bureau, d’instaurer cette loi ; nous ferons face. Le 23 juin, Abdoulaye Wade avait le courage de dire à Ousmane Ngom d’autoriser la marche. On n’attend que Macky Sall fasse autant. Mais ce ne sont pas ses trucs».

Me Diouf : «Cette loi est scélérate, fumiste, sournoise et antidémocratique»

D’après le leader des «follistes», ils montreront à Macky Sall que le peuple n’est pas avec lui dans ce qu’il veut faire.

«Ils paient des gens qui disent que l’opposition veut brûler le pays. Mais ce sont eux qui veulent brûler le pays. Ils ont déjà mis leur bois, ont aspergé de l’essence avec leurs allumettes. Ils veulent brûler le pays, ce jeudi. Ce pays ne sera pas brûlé. Nous ferons face. Cette mobilisation sera beaucoup plus grande que celle du 23 juin. Ce à quoi nous avons assisté à Ziguinchor, montre que le pays a reculé de 40 ans en démocratie. Nous voulons la paix. S’ils veulent la paix, qu’ils retirent leur projet de loi. Au prix de notre vie, on combattra cela», a tonné «Decroix».

Et Me El Hadji Diouf d’entrer dans la danse : «Nous allons mener ce combat. Le pouvoir est en train de jauger la capacité de ses magouilles par le peuple. Et ce peuple a semblé ne rien comprendre. Je leur lance un défi. Si Macky Sall a le courage de Wade, qu’il laisse le peuple s’exprimer. Cette loi est scélérate, fumiste, sournoise et antidémocratique. Ce ne sont pas les poltrons qui vont laisser le peuple sincère défiler. Ils vont demander une répression féroce».

Ibrahima SALL

Les députés non-inscrits appellent à une mobilisation à la Place Soweto

A l’image de leurs homologues de l’opposition, les députés non-inscrits sont déterminés à faire barrage au projet de loi portant parrainage des candidatures à la Présidentielle de 2019.

Face à la presse, hier, Cheikh Bamba Dièye et ses collègues non-inscrits ont asséné leurs vérités sur ledit projet qu’ils trouvent «anticonstitutionnel».

«Comme vous le savez tous, le gouvernement du Sénégal a décidé de déposer un projet de loi de révision constitutionnelle et un autre de modification du Code électoral aux seuls fins de modifier le calendrier électoral pour astreindre la validation des candidatures à l’élection présentielle, présentées par un parti politique légalement constitué, à un parrainage d’au moins un pour cent d’électeurs du fichier électoral», a souligné le leader du FSD/BJ, dans la déclaration liminaire.

Cheikh Bamba Dièye d’ajouter : «Nous savons tous que l’Assemblée nationale du Sénégal a délibérément choisi la soumission voulue et assumée à l’Exécutif. Elle a cessé de représenter le peuple, de vous représenter et d’être un rempart contre l’arbitraire érigé en mode de gouvernement par le pouvoir exécutif. Et nous, députés non-inscrits, nous refusons d’assumer cette responsabilité. Nous nous engageons à porter ce combat au sein de l’hémicycle et demandons au peuple sénégalais de se faire l’écho de cette bataille par tous les moyens de luttes démocratiques».

A l’en croire, «ce projet de loi instaurant le parrainage est le coup de grâce que le régime de Macky Sall veut porter à l’Etat de droit au Sénégal».

Pour sa part, le député Demba Diop alias DiopSy a clairement soutenu : «Je ne le cache pas, je le dis haut et fort, je suis avec le Président Macky Sall. Mais je suis contre ce projet de loi et je milite pour qu’il ne soit pas voté».

Lui emboîtant le pas, Babacar Thiaw d’asséner : «Nous, députés non-inscrits, appelons et donnons rendez-vous au peuple sénégalais à la Place Soweto, pour arrêter cette dérive dictatoriale, attentatoire à nos libertés».

El Hadj KEBE

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*



*